Tu envisages des études de médecine à l’étranger et tu te demandes si tu pourras exercer en France à l’issue de ta formation ? C’est une question légitime et franchement essentielle quand on construit son projet.
La bonne nouvelle, c’est que des milliers de médecins diplômés hors de France exercent aujourd’hui sur le territoire français. Chaque année, environ 8 % des nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre des médecins sont issus de cette voie.
Concrètement, une voie existe. Et on va t’expliquer tout ce qu’il faut savoir pour avancer dans ton projet en toute sérénité.
Exercer la médecine en France : tout dépend de ton diplôme et de ta nationalité
En France, l’exercice de la médecine est encadré par le Code de la santé publique.
Pour exercer, il faut :
- un diplôme reconnu
- une autorisation d’exercice
- une inscription à l’Ordre des médecins
Et surtout, la procédure varie selon ta situation.
Si tu as un diplôme UE/EEE/Suisse et que tu as une nationalité européenne
C’est clairement la situation la plus simple.
Si tu as obtenu ton diplôme de médecine dans un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou en Suisse et que tu as une nationalité européenne, tu peux bénéficier d’une reconnaissance automatique de ton diplôme.
Cette reconnaissance repose sur la directive européenne 2005/36/CE relative aux qualifications professionnelles.
Concrètement :
- ton diplôme est reconnu de plein droit s’il figure dans l’annexe V de cette directive
- tu peux ensuite demander ton inscription auprès du Conseil départemental de l’Ordre des médecins
Dit autrement : si tout est conforme, tu n’as pas à repasser d’examen.
Dans certains cas, si ta formation présente des différences substantielles avec le système français, une mesure de compensation peut être demandée :
- soit un stage d’adaptation
- soit une épreuve d’aptitude (tu choisis généralement entre les deux)
On parle alors de la procédure Hocsman, gérée par le Centre National de Gestion (CNG).
Si tu as un diplôme UE mais que tu as une nationalité hors Union européenne
Ici, la situation est un peu différente.
Même si ton diplôme a été obtenu en Europe, le fait de ne pas avoir une nationalité européenne implique une procédure spécifique.
Tu dois passer par une demande d’autorisation d’exercice (article L.4111-2 I bis du Code de la santé publique).
Quelques points importants :
- la procédure est soumise à quota
- les dossiers sont déposés auprès du Centre National de Gestion (CNG)
- il faut justifier d’une expérience professionnelle (généralement 3 ans)
C’est donc une voie plus encadrée, mais tout à fait accessible si ton projet est bien préparé.
Faire sa spécialité après des études de médecine à l’étranger
C’est un point clé à ne surtout pas négliger.
En France, on n’exerce pas “juste” comme médecin : on exerce dans une spécialité.
Et oui, même la médecine générale est une spécialité.

Deux situations possibles :
- tu as déjà une spécialité reconnue → elle peut être validée ou nécessiter un ajustement
- tu n’as pas encore de spécialité → tu devras t’inscrire dans un parcours de spécialisation
En France, la spécialisation correspond à l’internat.
La voie pour faire ton internat en France depuis une fac européenne : les EDN + ECOS
De nombreux étudiants français partis se former en Europe reviennent passer les épreuves nationales à la fin de leur 6e année pour intégrer l’internat en France. Et bonne nouvelle : cette voie est ouverte et bien balisée.
Depuis 2023, les Épreuves Dématérialisées Nationales (EDN) ont remplacé les anciennes ECN dans le cadre d’une réforme modernisant l’accès à l’internat. Le principe reste le même : un concours national, un classement, un choix de spécialité.
Qui peut y accéder depuis une fac européenne ?
Si tu es ressortissant d’un pays de l’UE, de l’EEE, de la Suisse ou d’Andorre, et que tu es titulaire d’un diplôme de médecine te permettant d’exercer dans ton pays de formation, tu peux t’inscrire aux EDN. La seule condition : ne pas être déjà titulaire d’un diplôme de spécialisation.
Comment ça se passe concrètement ?
Les EDN se déroulent en octobre. Il faut obtenir au moins 14/20 aux questions de rang A pour accéder aux ECOS, les examens cliniques pratiques organisés au printemps suivant. Le classement final combine les notes des EDN (60 %), des ECOS (30 %) et les points de parcours (10 %). C’est ce classement qui détermine ta spécialité et ta ville d’affectation. Mieux tu es classé, plus ton choix est large.
Comment bien te positionner ?
Ce qui change tout, c’est l’anticipation. Commence à intégrer le programme français dans tes révisions dès ta 5e année. Les annales des EDN sont accessibles en ligne sur le site du CNG, et les ressources pour se préparer sont nombreuses.
Les inscriptions se font chaque année en juillet auprès du CNG, via la plateforme Even (even.sante.fr).
Durée des principales spécialités médicales en France
| Spécialité | Durée |
|---|---|
| Médecine générale | 4 ans |
| Pédiatrie | 5 ans |
| Psychiatrie | 5 ans |
| Médecine du travail | 4 ans |
| Dermatologie | 4 ans |
| Cardiologie | 5 ans |
| Neurologie | 4 ans |
| Anesthésie-réanimation | 5 ans |
| Radiologie | 5 ans |
| Ophtalmologie | 6 ans |
| ORL | 6 ans |
| Gynécologie-obstétrique | 6 ans |
| Chirurgie (générale et spécialités) | 6 ans |
À retenir : plus ton projet de spécialité est clair dès le départ, plus ton retour en France sera simple.
La maîtrise du français : un indispensable
Quelle que soit votre situation, la maîtrise du français est indispensable. Un justificatif de niveau de langue (TCF ou DELF) est demandé dans le dossier.
Tableau récapitulatif
| Situation | Procédure | Organisme |
|---|---|---|
| Diplôme UE/EEE + nationalité UE | Reconnaissance automatique ou Hocsman | Ordre des médecins / CNG |
| Diplôme UE + nationalité hors UE | Procédure I bis (à quota) | CNG |
Conclusion
Exercer la médecine en France avec un diplôme étranger c’est tout à fait possible et des milliers de médecins sont passés par là avant toi !
La clé, c’est d’avoir :
- les bonnes informations
- une vision claire de ton parcours
- et un projet bien construit dès le départ
Chez GEDS, c’est exactement ce qu’on t’aide à faire :
comprendre, anticiper, et construire un parcours qui te ressemble vraiment.
Parce qu’au fond, ton objectif n’est pas juste d’étudier la médecine.
C’est d’en faire ton métier et ça, ça se prépare dès aujourd’hui.
Tu hésites encore sur ta destination ?
Découvre aussi notre guide sur les meilleurs pays pour étudier la médecine .
FAQ – Exercer la médecine en France après un diplôme obtenu en Europe
Sources & références
- 🏛️ Autorités françaises – exercice et autorisation d’exercice
Centre National de Gestion (CNG) — procédures d’autorisation d’exercice, EDN, ECOS et gestion des dossiers
Conseil national de l’Ordre des médecins — conditions d’inscription au tableau de l’Ordre - ⚖️ Cadre juridique français
Code de la santé publique — règles relatives à l’exercice de la médecine et aux autorisations d’exercice
Décrets n°2025-467 et n°2025-468 du 28 mai 2025 — dispositions réglementaires relatives à l’accès aux études médicales et aux procédures associées - 🇪🇺 Cadre européen de reconnaissance des diplômes
EUR-Lex — Directive 2005/36/CE sur la reconnaissance des qualifications professionnelles - 🩺 Informations pratiques et parcours professionnels
Portail PAPS Bretagne — informations sur l’installation, l’exercice médical et les démarches professionnelles - 🚀 Anticiper dès le début : plus ton projet d’internat et de spécialité est défini tôt, plus ton retour en France sera simple.
Notes : ces références reposent sur des sources institutionnelles françaises et européennes utilisées pour documenter les conditions d’exercice de la médecine en France, les procédures de reconnaissance des diplômes, l’accès à l’internat ainsi que les obligations réglementaires liées à l’autorisation d’exercice et à l’inscription à l’Ordre des médecins.
Dernière vérification des sources : mai 2026.




































