Charlotte : « Étudier au Portugal, c’est la meilleure décision de ma vie »
Charlotte poursuit ses études de santé à Lisbonne, après un début de parcours en France qui ne lui convenait pas. Entre découverte d’un nouveau pays, adaptation à une autre langue et rencontres qui changent tout, elle revient sur ses deux premières années au Portugal et ce que cette expérience a transformé en elle.
Avant le départ
Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire des études de santé ?
J’ai toujours baigné dans le milieu de la santé grâce à mon entourage, dont mon père. Ça a toujours été une évidence pour moi, même si parfois j’ai été attirée par d’autres domaines. Même si les sciences n’étaient pas forcément les matières où j’excellais le plus au lycée, je revenais toujours vers la santé. Je trouvais ça hyper complet : stimulant, gratifiant, au service des autres, scientifique… Après mon bac, je n’étais pas encore sûre de quoi exactement, mais je savais que mon avenir aurait à voir avec la santé. J’y étais déterminée.
Qu’est-ce que tu ressentais avant de partir ?
Je suis quelqu’un qui ressent tout x1000. Donc forcément, l’excitation de partir allait de pair avec l’anxiété de ne pas réussir à m’adapter ou à m’intégrer. Mais globalement, j’adorais l’idée de ce « reset de ma vie » : nouvelles études, nouvelle langue, nouveau pays, nouveau cercle social… Même si l’anxiété était là, la hâte de commencer prenait quand même le dessus.
Tu avais envisagé d’étudier en France au départ ?
En réalité, je ne me suis jamais vraiment visualisée étudier en France. J’ai toujours adoré apprendre des langues et j’avais envie que ça me serve un jour. Malgré tout, la peur du changement juste après le bac, le manque de clarté sur ma branche préférée en santé et aussi l’aspect financier m’ont fait hésiter. J’ai donc commencé par une année en France. J’étais très scolaire et assidue, mais je ne m’y suis pas sentie épanouie.
Je sentais que ça n’allait pas changer, voire empirer. Plus le temps passait, plus je me disais que tenter autre chose, c’était exactement ce qu’il me fallait. GEDS m’a permis ça et, encore aujourd’hui, je le dis : c’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie.
Comment ton entourage a réagi à l’idée d’un départ à l’étranger ?
Pour ma famille, ça n’a pas été une grande surprise puisque je n’avais jamais vraiment caché ce souhait. Et comme ma sœur étudiait déjà dans cette fac à Lisbonne, ma famille était même contente que nous poursuivions ce bout de chemin ensemble.
Nouveau pays, nouvelle vie
Qu’est-ce qui t’a le plus surpris en arrivant ?
Comme ma sœur était déjà sur place, je connaissais un peu les lieux et comment les choses se passaient. Je n’étais donc pas dans le flou total. Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est de remarquer que mes collègues de fac étaient aussi… mes voisins ! On habite tous très proches, et cette proximité a nourri de vraies amitiés. Ça renforce le sentiment de famille à l’étranger, que je pressentais mais que je n’imaginais pas aussi fort. Et autre surprise : entendre parler français partout.
Comment tu as géré la barrière de la langue ?
En première année, je n’ai pas si mal vécu la barrière de la langue. Comme nos cours sont en français, notre faible niveau en portugais est « excusé ». Les phrases du quotidien au supermarché ou dans les bars deviennent vite automatiques. Et j’étais motivée pour apprendre le portugais.
C’est surtout en deuxième année que ça a été plus dur : se sentir passive en cours parce que la compréhension prend plus de temps, chercher ses mots avec les profs, sentir le fossé avec les étudiants portugais… Ça, je l’ai vraiment ressenti. Mais avec du travail, ça s’est amélioré au fil de l’année et je pars confiante pour ma 3e année.
Tu t’es vite sentie à ta place ?
Oui, dès les premiers jours. J’ai rencontré très vite des gens de ma promo, mes voisines, mes collègues du stage de portugais… Beaucoup d’entre eux sont encore aujourd’hui mes meilleurs amis. On a vécu ensemble les débuts de cette aventure. Et puis je suis tombée sous le charme de la culture portugaise. Je me suis sentie accueillie immédiatement et j’avais l’impression d’avoir enfin trouvé un chemin qui me correspondait.

Une vie loin de chez soi
À quoi ressemble ta vie aujourd’hui ?
Alors que j’entre dans ma 3e année, je peux dire que j’adore ma vie au Portugal. J’ai trouvé un vrai équilibre entre les cours, mes activités, mes sorties. Je suis bien entourée, j’habite à deux pas de mes amies, et ça me manque énormément quand je rentre en France. J’ai assez de temps libre pour cuisiner, faire du sport, profiter de tout.
Qu’est-ce qui t’a manqué au début ?
Évidemment, voir ma famille quand je voulais. Et, plus superficiel, certains produits français que je ne trouve pas ici. Au début ça me donnait l’impression de perdre des repères, mais finalement je m’en suis créé de nouveaux. Et maintenant, ce sont eux qui me manquent quand je rentre en France !
Comment tu gardes le lien avec ta famille / tes amis ?
Grâce aux réseaux sociaux, c’est vraiment facile de rester en contact. Avec ma famille, on s’appelle, on s’envoie des messages. Ce n’est pas naturel pour moi parce que je ne suis pas trop « messages », mais je m’y suis adaptée. J’ai même l’impression de vivre deux vies parallèles : ma vie en France et ma vie au Portugal. Quand je suis dans l’une, l’autre me paraît presque irréelle.
As-tu réussi à trouver un bon équilibre entre cours, révisions et vie perso ?
Oui, totalement. Même avec le cadre de vie agréable, on garde une base solide grâce aux cours pratiques et au rythme imposé. Ça nous encadre tout en nous laissant de la liberté. J’ai trouvé une routine qui me permet de profiter sans prendre de retard.

Ce que l’aventure a changé
Tu te sens différente aujourd’hui par rapport à ton « toi » d’avant ?
Complètement. J’ai énormément évolué en arrivant au Portugal. Que ce soit psychologiquement, socialement ou en termes de maturité. Venir dans un pays dont on ne connaît pas la langue et où on ne connaît personne, ça t’apprend énormément sur la vie… et sur toi-même.
En quoi cette expérience t’a fait grandir ?
Ça m’a appris à sortir de ma zone de confort dans tous les domaines : mes études, mes relations sociales… Je n’étais pas comme ça avant. Être jetée dans le grand bain m’a transformée, en bien. Cette opportunité, c’est vraiment tout ce dont j’avais besoin à ce moment-là.
Un moment fort qui t’a marqué ?
La praxe ! C’est une tradition académique portugaise, un mélange de bizutage encadré et de rituels étudiants. J’ai choisi une marraine portugaise qui m’a beaucoup accompagnée. Pour sa remise de diplôme, elle a organisé un grand repas avec une centaine de personnes. J’appréhendais, mais j’ai été submergée d’émotion : son entourage m’a accueillie comme l’une des leurs. Ce moment m’a rappelé à quel point j’avais bien fait de venir ici.
Bilan
Tu referais le même choix ?
Sans hésiter, je referais ce choix mille fois. Bien sûr, ça complique certaines choses. Mais ce que ça m’a apporté en retour est inestimable : des études de rêve, une expérience unique, des rencontres incroyables.
Un conseil à ceux qui hésitent encore à franchir le pas ?
C’est normal d’hésiter, c’est une décision qui pèse lourd. Mais honnêtement, il n’y a aucune chance de regretter. Au contraire, il y a plus de risque de regretter de ne pas avoir tenté.

Une chose que tu aurais aimé qu’on te dise avant de partir ?
Qu’il y a un vrai fossé entre la première et la deuxième année concernant la langue. C’est difficile, mais pas insurmontable.
Étudier au Portugal a transformé Charlotte, autant sur le plan académique que personnel. Plus indépendante, plus ouverte et plus sûre d’elle, elle avance aujourd’hui sereinement vers son avenir en santé. Son témoignage rappelle qu’oser sortir de sa zone de confort peut être la meilleure décision d’une vie.




































