Choisir de faire ses études de pharmacie à l’étranger, c’est faire un pari audacieux sur son avenir. Méline, étudiante en 5e année à l’université Egas Moniz au Portugal, a relevé ce défi il y a cinq ans.
À l’aube de la fin de son parcours, elle revient avec nous sur ces années riches en apprentissages, en rencontres et en émotions. Un témoignage sincère et inspirant, qui parlera à tous ceux qui se demandent à quoi ressemble une formation à l’étranger et ce qu’on en retient, une fois qu’on touche au but.
1. Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire des études en pharmacie et pourquoi as-tu choisi Egas Moniz ?
Ce qui m’a donné envie de faire des études en pharmacie, c’est surtout la diversité des débouchés qu’offre cette filière. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le métier de pharmacien ne se limite pas à l’officine. Il y a énormément d’autres possibilités : l’industrie pharmaceutique, la recherche, les hôpitaux, les laboratoires, la biologie médicale…
Quant au choix d’Egas Moniz, il a été influencé par plusieurs facteurs. Mon frère était en dentaire première année là-bas, et il m’a beaucoup parlé de son expérience positive. Ce qui m’a marqué, c’est la qualité de vie qu’il décrivait : un bon équilibre entre les études exigeantes et un environnement agréable, avec le soleil, la plage à proximité, et une atmosphère plus détendue que dans d’autres villes universitaires.
En plus, Lisbonne n’est pas très loin de chez moi, ce qui est un vrai avantage logistique et familial. Le cadre est motivant, et c’est important pour garder un bon rythme et un bon moral sur le long terme.

2. Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ta vie à l’étranger ?
Ce que j’apprécie le plus dans ma vie à l’étranger, c’est avant tout l’opportunité que cela représente. Pouvoir vivre dans un autre pays, c’est une vraie chance. Ça permet de sortir de sa zone de confort, de découvrir une nouvelle culture, et surtout d’apprendre une nouvelle langue, ce qui est un atout énorme, aussi bien personnellement que professionnellement. Parler plusieurs langues ouvre beaucoup de portes, notamment pour le futur.
Ce que je trouve aussi exceptionnel, c’est la richesse des rencontres. Être dans un environnement international me permet de côtoyer des personnes venant du monde entier. C’est incroyable de se faire des amis aux quatre coins du globe, d’échanger sur nos cultures, nos parcours… Ça change complètement la façon de voir le monde.
Et puis il y a le cadre de vie à Lisbonne, qui est vraiment unique. Le climat, la proximité de la mer, l’ambiance détendue mais vivante de la ville… Tout ça crée un équilibre très agréable entre les études et la vie quotidienne. Franchement, c’est une expérience humaine très enrichissante à tous les niveaux.

3. Si tu pouvais te parler à toi-même en 1ere année, que te dirais-tu ?
Je me dirais que tout va bien se passer, que même si au début c’est un gros changement et qu’on se sent loin de chez soi, on n’est pas seul. On est entouré, que ce soit par les autres étudiants, les amis qu’on se fait sur place ou même à distance par la famille.
Je me dirais aussi de faire l’effort, dès le début, de parler en portugais. Même si ça semble difficile au départ, c’est une vraie chance d’apprendre une langue que peu de gens maîtrisent, et ça ouvre énormément de portes. Avec du recul, je comprends que c’est justement en se lançant, même avec des fautes, qu’on progresse.
Je me rassurerais aussi sur le fait que cette expérience à l’étranger, malgré les moments de doute, va m’apporter beaucoup plus que ce que je pouvais imaginer.
4. Comment résumerais-tu ton expérience universitaire ?
Je la résumerais comme une aventure à la fois intense, enrichissante et profondément humaine. Au-delà des cours et des examens, c’est une période où j’ai énormément appris sur moi-même. Partir à 18 ans dans un autre pays, loin de mes proches, m’a permis de gagner en autonomie, en maturité, et surtout en confiance. Ce n’est pas toujours facile au début, mais c’est justement ce qui rend l’expérience aussi précieuse.
Et ce qui la rend vraiment unique, c’est que je me suis créé une véritable famille là-bas. Des liens forts, sincères, avec des personnes venues de tous horizons. On partage les mêmes défis, les mêmes moments de doute et de joie, et ça soude énormément. Aujourd’hui, je regarde en arrière avec beaucoup de fierté et de gratitude pour tout ce que cette expérience m’a apporté.
5. Tu arrives au bout d’un long parcours… qu’est-ce que tu ressens en cette fin de 5e année ?
Beaucoup de fierté. Finir ce parcours, après cinq ans loin de ma famille, c’est une vraie réussite personnelle.
En même temps, il y a forcément de la nostalgie. C’est une page importante de ma vie qui se tourne, et je sais que je ne revivrai plus jamais cette expérience d’être étudiante à l’étranger, avec tout ce que ça implique : les rencontres, le quotidien partagé, l’insouciance, les découvertes… Ce pays, cette ville, cette vie, sont devenus chez moi. Mais je pars avec énormément de souvenirs, et le sentiment d’avoir vécu quelque chose de très fort.

6. Quelles ont été les plus grandes difficultés que tu as rencontrées pendant ton cursus ?
Je ne dirais pas qu’il y a eu énormément de difficultés sur le plan académique, parce qu’on est vraiment bien accompagné. Les professeurs sont très présents, à l’écoute, et toujours prêts à nous aider.
Mais si je devais en citer une, ce serait les relations humaines. On est dans un pays inconnu, sans nos repères habituels. On se raccroche beaucoup à nos amis, parfois uniquement à eux, et ça peut rendre les relations plus intenses… mais aussi plus fragiles. Il y a des moments de solitude, d’incertitude, et tout repose un peu sur le lien social qu’on arrive à construire. C’est une richesse, mais aussi un vrai défi au quotidien.
7. Te sens-tu prête pour l’après ? As-tu déjà une idée claire de ce que tu veux faire ?
Oui, je me sens tout à fait prête. Honnêtement, après avoir vécu cinq ans dans un autre pays, je me dis que plus grand-chose ne me fait peur.
Je souhaite me spécialiser dans la cosmétique. Je vais donc faire un master 2 d’un an à Paris, pour me former à la formulation, avec l’objectif d’intégrer ensuite un laboratoire et de travailler dans le développement de produits. C’est un nouveau chapitre que j’attends avec beaucoup d’enthousiasme.
8. Un conseil pour les futurs étudiants ?
Profitez vraiment de cette expérience, parce que cinq ans passent bien plus vite qu’on ne l’imagine.
On a tendance à être focalisé sur les études, le stress, les examens… mais avec du recul, on se rend compte à quel point cette période est unique. Vivre à l’étranger, rencontrer des gens du monde entier, grandir loin de chez soi : c’est une chance incroyable.
Il faut essayer de voir cette expérience comme une opportunité, et non comme un obstacle. Chaque moment compte, alors autant les vivre pleinement.
9. S’il y avait une chose que tu ferais différemment… ce serait quoi ?
Je pense que j’aurais essayé de m’intégrer davantage aux Portugais, notamment en faisant plus d’efforts pour parler leur langue. C’est vrai que ce n’est pas évident au début, surtout qu’on arrive sans aucune base, et qu’on a tendance à rester entre francophones.
Mais avec le recul, je me rends compte que les Portugais de ma classe étaient vraiment ouverts, bienveillants, et adoraient discuter avec nous. Ils sont toujours curieux et prêts à aider, donc je pense que j’aurais pu aller plus vers eux. Ça m’aurait permis de progresser plus vite en portugais et de créer encore plus de liens.

Méline achève bientôt son cursus de pharmacie avec la tête pleine de souvenirs, de projets, et de certitudes. Son témoignage incarne parfaitement ce que vivre une formation à l’étranger peut apporter : résilience, ouverture, confiance et détermination. Un bel exemple pour tous les étudiants encore en chemin ✨




































