Partir étudier la kinésithérapie à l’étranger est devenu un choix courant. Au 1er janvier 2024, une part très importante des kinésithérapeutes inscrits au Tableau de l’Ordre ont été formés à l’étranger, la Belgique en tête, suivie de l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, la Roumanie et la Pologne. 66,1 % des diplômés à l’étranger exerçant en France sont de nationalité française. Se former hors de France pour revenir exercer est un parcours bien établi.
Diplôme obtenu dans l’UE, l’EEE ou la Suisse
La demande de reconnaissance se fait auprès de la DREETS (Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités) de votre région. Une commission régionale vérifie l’équivalence de votre formation.
Les documents à fournir
- Copie du diplôme + attestation de conformité (directive 2005/36/CE)
- Programme détaillé de formation et volume horaire
- Justificatif des stages cliniques et de leur domaine
- Justificatifs d’expérience professionnelle
- Thème et résumé du mémoire de fin d’études
Point important : la commission examine le contenu et la durée de la formation, les stages cliniques réalisés, l’expérience professionnelle ainsi que les compétences acquises. Si elle constate des différences substantielles avec la formation française, elle peut imposer une ou plusieurs mesures de compensation.
Les issues possibles
- Autorisation directe : formation jugée conforme.
- Mesures de compensation : stage d’adaptation ou épreuve d’aptitude (au choix).
- Refus : si la formation est trop éloignée des exigences françaises.
La Carte Professionnelle Européenne (EPC)
Alternative moins connue, l’EPC est une procédure électronique de la Commission européenne permettant d’obtenir une autorisation d’exercice. Disponible pour les kinésithérapeutes, elle peut être plus rapide dans certains cas.
Diplôme obtenu hors de l’Union européenne
Diplôme reconnu dans un pays UE
Si votre diplôme hors UE est reconnu par un État membre et que vous justifiez de trois années d’exercice dans cet État, vous pouvez emprunter la même procédure que les diplômés européens (dossier DREETS).
Diplôme non reconnu dans l’UE
Vous devez obtenir le Diplôme d’État français en intégrant un des 47 IFMK via une procédure spéciale (épreuves de sélection). Des dispenses partielles de scolarité peuvent être accordées.
Tableau récapitulatif
| Situation | Procédure | Organisme |
|---|---|---|
| Diplôme UE / EEE / Suisse | Dépôt du dossier auprès de la DREETS, puis examen par la commission régionale | DREETS |
| Diplôme hors UE reconnu dans un pays de l’UE, avec 3 ans d’exercice | Même procédure que pour les titulaires d’un diplôme européen | DREETS |
| Diplôme hors UE non reconnu | Reprise d’études au sein d’un IFMK, avec des dispenses de formation éventuellement possibles | IFMK |
| Diplôme québécois couvert par l’ARM | Demande de reconnaissance et d’autorisation auprès de l’Ordre | Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes |
Inscription obligatoire à l’Ordre
L’autorisation d’exercice ou la reconnaissance des qualifications professionnelles ne permet pas, à elle seule, de commencer à exercer. Le kinésithérapeute doit ensuite demander son inscription au Tableau auprès du conseil départemental de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes correspondant à son lieu d’exercice.
Conclusion
La mobilité internationale occupe une place importante dans la profession : au 1er janvier 2024, 30,8 % des kinésithérapeutes inscrits au Tableau détenaient un diplôme obtenu hors de France, et 66,1 % de ces professionnels étaient de nationalité française.
Un diplôme obtenu dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou en Suisse peut ouvrir l’accès à une procédure d’autorisation d’exercice en France. Cette autorisation n’est toutefois pas automatique : le dossier est étudié individuellement et des mesures de compensation peuvent être imposées lorsque la formation présente des différences substantielles avec les exigences françaises.
Quelle que soit la voie suivie, l’inscription au Tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes reste obligatoire avant de commencer à exercer.
Sources & références
- 📊 Ordre des masseurs-kinésithérapeutes — démographie de la profession
Conseil national de l’Ordre — rapport 2024 sur la démographie des kinésithérapeutes et l’origine des diplômes - 🏛️ Demande d’autorisation d’exercice et autorité régionale compétente
DRIEETS — procédure d’autorisation d’exercice des professions paramédicales titulaires de qualifications européennes
Démarches simplifiées — formulaire national de reconnaissance des qualifications professionnelles européennes - ⚖️ Code de la santé publique — exercice de la masso-kinésithérapie
Légifrance — dispositions législatives relatives à l’exercice de la profession et à la reconnaissance des qualifications
Légifrance — dispositions réglementaires relatives aux demandes d’autorisation et aux commissions régionales - 🇪🇺 Reconnaissance européenne des qualifications professionnelles
EUR-Lex — Directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles
Your Europe — fonctionnement et conditions d’utilisation de la Carte professionnelle européenne - 🩺 Mesures de compensation et stage d’adaptation
Arrêté du 24 mars 2010 — organisation du stage d’adaptation et de l’épreuve d’aptitude - 🎓 Diplômes obtenus hors de l’Union européenne et admission en IFMK
Arrêté du 2 septembre 2015 — admission en institut de formation, épreuves de sélection et dispenses partielles de scolarité - 🇨🇦 Arrangement de reconnaissance mutuelle entre la France et le Québec
Conseil national de l’Ordre — conditions et démarches applicables aux physiothérapeutes québécois
Notes : ces références institutionnelles françaises et européennes ont été utilisées pour documenter la démographie des kinésithérapeutes formés à l’étranger, les conditions de reconnaissance des qualifications obtenues dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou en Suisse, la procédure de demande d’autorisation d’exercice, les mesures de compensation, la Carte professionnelle européenne, l’admission en IFMK des titulaires d’un diplôme hors Union européenne et l’Arrangement de reconnaissance mutuelle entre la France et le Québec.
Les procédures et les pièces justificatives pouvant évoluer, le formulaire national en vigueur, les textes consolidés publiés sur Légifrance et les informations communiquées par l’autorité régionale compétente doivent être consultés avant toute démarche individuelle.
Dernière vérification des sources : juillet 2026.




































